Communiqué de presse: Journée des droits de l’homme 2017

 
 
 

Torture et migration

 

C’est un phénomène souvent évoqué de nos jours : jamais, depuis la Seconde Guerre mondiale, on n’avait vu autant de personnes en fuite qu’aujourd’hui. À fin 2016, on en comptait 65,6 millions dans le monde, dont 22,5 millions de mineurs. Ce sont les plus hauts chiffres jamais enregistrés par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Les réfugiés que nous voyons en Europe ne constituent cependant qu’une infime partie de ces flux migratoires. En effet, 40,3 millions de personnes ont fui à l’intérieur de leur propre pays et beaucoup cherchent refuge dans un État voisin.

 

Les personnes en fuite sont fortement menacées par la torture et d’autres formes de mauvais traitements car elles ne peuvent souvent plus compter sur la protection de l’État, soit parce que celui-ci n’a plus le monopole du pouvoir sur son territoire, soit parce qu’il est lui-même devenu une menace. Pourtant, la violence et la guerre dans  le pays d’origine des personnes en fuite ne sont pas les seuls dangers. Le fait d’emprunter des itinéraires périlleux pour rejoindre l’Europe, par exemple, entraîne un risque de torture élevé.

 

Dans le dossier de campagne ci-joint, l’ACAT-Suisse met en lumière la destinée des migrants torturés – des personnes qui ont doublement besoin de protection et de soutien. D’une part, elles ont dans leur pays d’accueil, en tant que réfugiés, des droits ancrés à l’échelon international. D’autre part, elles ont besoin d’avoir la garantie que les tortures subies sont prises au sérieux, font l’objet d’un examen minutieux et sont prises en compte dans la procédure d’asile. Un outil important pour constater l’existence des séquelles de torture est le protocole d’Istanbul, un manuel qui bénéficie d’une reconnaissance internationale. Dans une pétition adressée à la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, nous demandons que la Suisse reconnaisse ce protocole et l’utilise systématiquement pour enquêter sur les allégations de torture.

 

Vous pouvez trouver plus d'informations dans le dossier de campagne 2017et la pétition.

 

Contact : Sophie Kreutzberg, Chargée de campagne au sein de l’ACAT-Suisse
E-mail : s.kreutzberg@acat.ch, tél. 076 304 20 44